07 novembre 2009
Mes chers amis
Voici deux jours que nous sommes sous la pluie !
Une grosse pluie de pleine lune
qui claque sur la tôle
et annonce les chaleurs moites et étouffantes
de notre été austral.
Il pleut, il pleut sans discontinuer...
Le jour ne semble pas vouloir
se séparer de la nuit,
et par intermittence,
un éclair déchire le ciel
noyant le paysage
de sa lumière froide.
Le tonnerre ne gronde pas sourdement,
il éclate soudainement
nous plongeant parfois dans le noir !
Tout est débranché, par précaution.
Vous me manquez tous,
je n'ose pas rester bien longtemps
mais je pense à vous très fort.
Je reviendrai avec le premier
rayon de soleil !
(peut-être avant...)
Je vous embrasse !
30 octobre 2009
Coucher de soleil
Un cliché "facile"
sans doute
mais tellement beau...
Venez vous asseoir près de moi
sur ce muret qui surplombe la plage,
il est encore tout tiède de soleil...
J'aime particulièrement
ce moment de la journée,
ce ciel du soir, quand à l'horizon
l'astre descend, l'embrassant
de ses derniers rayons !
Splendides couleurs,
sans cesse réinventées
que la vaste mer se plait à apprivoiser...
Il y a un photographe, là-bas,
qui voudrait les mettre toutes
dans sa petite boite...
Écoutez
la vague mourante,
dentelles d'écume murmurante,
caressant le sable
où se meuvent les ombres...
Sur son ilot-rocher
le pêcheur s'incruste
tel le coquillage,
celui qui nous conte à l'oreille
le chant des sirènes...
Les baigneurs s'attardent
mais les voix s'estompent
puis s'effacent,
c'est le dernier instant
avant la première étoile...
Reviendrez-vous ?...
16 octobre 2009
Rouge comme...
une fraise !!
Chaque année, au début du mois d'octobre,
trois jours durant,
le petit village de Mont Vert
fête la fraise !
Et l'on vient de partout

fouler le gazon jauni, la terre battue
de cet ancien domaine sucrier !
Ainsi, le village connait ses seuls embouteillages de l'an
et les habitants leurs seules (?) insomnies
car en effet, jusque tard dans la nuit
tout le monde peut profiter
des "animations musicales"
Alors, au lieu de se retourner pendant des heures
dans son lit, allons à la fête !...
Ici, l'expression "ramène ta fraise"
prend tout son sens... ;-)
En effet, la foule reste dense devant les stands de fraises
où les livraisons sont obligatoirement régulières...
Gare a celui qui ne ramène pas sa fraise !
Mais il n'y a pas que la fraise dans la vie,
il y a aussi...
Les "bonbons coco"
et les "fondants" 
rivalisant de couleurs
aux côtés des boissons fraîches
N'oublions pas
ce délicieux petit nuage sucré
qui se promène au bout d'un bâton...
C'est la barbe à papa !
Pas de fête sans la barbe à papa
régal des petits et des grands !
Mais laissons un peu les sucreries
et regardons alentour...
Par là, on peut acheter du maïs ;
"maïs cassés" ou "ti son"
Farine dorée avec laquelle on fait de si bon gâteaux !...
Et là... Miel, ail de Petite-Ile
ou derniers "tangors" de la saison
dont le jus, plus sucré que celui de l'orange,
agrémente mes petits déjeuners du moment !
Quelques baraques d'artisanat
pas toujours local...
Oh ! Ici les canetons de la pêche à la ligne
profitent d'un repos bien mérité !
Bientôt le soleil laisse place à la nuit
qui, tout doucement s'installent
entre les baraques...
l'esplanade poussiéreuse s'illumine alors
de toutes ses ampoules
et de tous ses néons
d'un soir...
C'est magique !
Et l'on se laisse facilement
emporter
vers ailleurs...
C'est comme ça
la fête de la fraise, chez nous !!
;-)
J'espère que cela a été dépaysant pour vous aussi ?
Je vous "post" mille bises !
10 octobre 2009
Kaskavelle
Voici les jolies graines de cascavelles 
qui ont inspiré mon pseudo...
non pas à cause de leur toxicité ;-))
mais plutôt pour ce doux
bruissement qu'elles produisent,
quand le vent les fait glisser
dans leur silique,
tel le chant de la pluie
dans les bambous.
C'est une gousse qui renferme
3 à 7 graines rouges,très dures,
qui servent à la composition du "kayamb"
qui est un instrument de musique
utilisé pour jouer le Séga et le Maloya.
Instrument de percussion
formé de roseaux
ou de tiges de fleurs de cannes à sucre liés,
le kayamb est rempli
de graines de cascavelles ou de conflores
qui produisent un son caractéristique
lorsqu'elles s'entrechoquent...
"Ecoute comme le vent
Danse dand' cascavelles."
Jean Albany (1917-1984)
Et puis cette jolie chanson créole
à écouter ici ...
(J'espère que ça va marcher,
ça fait une heure que je me bats avec !)
Je vous souhaite un bon week-end !
08 octobre 2009
Françoise,
Ce blog où tu me faisais
le grand plaisir de passer
très souvent,
te rend aujourd'hui
un dernier hommage...
J'espère qu'il t'aura fait sourire,
étonnée ou peut-être même rêver...
je t'ai suivie dans ta chère Provence,
avec Paul et Uméa,
admiré tes fleurs et posé la main
sur tes vieilles pierres, toutes chaudes
de ce beau soleil du sud,
que tu aimais tant.
Ainsi, j'ai appris à te connaître,
par blogs interposés !
Je t'envoie ces fleurs virtuelles
comme l'était peut-être notre amitié,
je ne connaissais pas le son de ta voix
mais la "magie internet"
avait tissé ses indéfinissables liens...
Les larmes que je pleure aujourd'hui
coulent vraiment sur mes joues !
et comme dans ces petits mots
que je te laissais moi aussi,
je te fais encore une fois
"de gros bisous" mon amie...
Adieu Françoise !
05 octobre 2009
Le martin triste
Certains d'entre vous connaissent déjà
cet oiseau sympathique...
Il y a à peu près trois siècles
on l'introduisait dans l'île
pour éliminer les sauterelles.
Maintenant il est partout,
partout où il y a du monde.
Vers 1850, un certain A. Legras
le décrit ainsi :
"Le martin est un oiseau gracieux,
élégant, svelte, propret,
distingué dans ses manières
et ses formes.
Son habit,
qui ne se fait pas remarquer
par des couleurs voyantes et variées
est d'une nuance qui récrée
l'œil par la douceur de ses tons
et la netteté de ses nuances."
C'est un oiseau qui mange de tout,
graines, fruits, petits œufs, insectes,
jeunes rongeurs ou même levrauts !

Ne dédaignant pas une petite charogne
de temps en temps,
il n'est pas rare de le rencontrer
au milieu de la chaussée
où l'aura attiré, au péril de sa vie,
le cadavre desséché d'une grenouille
ou d'une musaraigne !
Croyez-vous qu'il s'envole à tire d'aile
lorsqu'il voit arriver la voiture ?
Pas du tout ! Il s'éloigne, un peu,
de son grand pas tout empreint de majesté,
en vous lançant un regard d'une arrogance
déconcertante !
Il est rarement seul et avance de front
avec son compère ou sa petite bande
ainsi ils prospectent l'emplacement choisi d'un bout à l'autre.
Je les vois à l'œuvre de temps en temps
dans mon jardin, et j'aime beaucoup les observer,
je les trouve très amusants !
Ils aiment les choses brillantes
et il n'est donc pas rare de les voir se démener
avec un bout de papier cellophane
souvent trop grand, dans lequel
ils se prennent les pattes,
mais que pour rien au monde
ils ne voudraient lâcher !
Cela peut provoquer entre eux
des disputes de chiffonniers !
"Ils se livrent à des disputes tellement violentes et criardes
qu'on dirait autant de crécelles grinçant à vos oreilles !"
disait encore A. Legras
Que de cris et d'insultes durant
de longues minutes !
Malgré ses grands airs, le martin
se laisse apprivoiser et lorsque lui coupe
le filet, qui est sous la langue,
il peut reproduire des sons...
Il parle !
Monsieur Mario,
le bazardier (vendeur de légumes)
avait un martin qui s'appelait "Coco"
et qui disait, lorsque quelqu'un arrivait :
"N'a d'monde qui arrive,
chauffe café ! Chauffe café !"
le plus drôle c'est que c'était exactement
la voix de son maître !
Dans une charmante commune du sud
j'ai rencontré un sympathique
patron de bistrot
qui m'a gentiment permis
de prendre quelques clichés de ses
chers petits amis...
Celui-ci était un peu comédien
Ceux-là ne se sont pas fait prier,
pour aller, l'un après l'autre,
sur un ordre de leur "papa",
faire un brin de toilette !
Et enfin lorsque je me suis approchée du bar
cet autre s'est permis de me lancer
de sa voix aigrelette
"Robert i fait pu d'crédit!"
(Robert ne fait plus crédit!)
Je vous assure que je voulais juste une photo !!
Je ne sais pas pourquoi on les appelle
"martins tristes", moi je les trouve
plutôt rigolos, non ?
"Les martins se réunissent le soir
en dortoirs bruyants et animés"
(Grand livre des oiseaux de la Réunion)
Un couple d'amoureux...
Je vous souhaite une bonne semaine !
01 octobre 2009
Le village de Hell-Bourg
Ce jour-là,
le ciel s'enroulait en écharpes vaporeuses
autour des pics entourant
le village...
J'aurais pu le toucher du doigt.
Comme il m'était agréable de marcher
sous la "farine" de pluie
qui faisait chanter les gouttières
et soupirer d'aise les fleurs dans les cours...
D'un bout à l'autre des ruelles
étroites et pentues,


de jolis "baros" au charme intemporel
se faisaient invites,

ou se faisaient remparts


sans jamais dérober aux regards des passants
l'éclat de la belle, au jardin demeurant...


Celles-ci, en grand, s'ouvraient chaque jour
au charme des lieux,
d'autres, endormies, attendaient
le retour des beaux jours...
Ainsi allait la vie dans ce village
où les couleurs se moquaient des nuages...
Pas de ligne d'horizon
entre ces jolis pitons...
Ici le temps s'étirait
tournait en rond
et se mettait en boule...
Les jours s'écoulaient
tranquillement
entre fleurs et douceur,
Comme la caresse d'une perle de rosée,
le bonheur d'un baiser sucré !
N'auriez-vous pas, comme moi, aimé
habiter ce village à l'immuable beauté ?
La plus modeste demeure
aurait suffit à mon bonheur !
Mais voici que pour me saluer,
un mont se découvrait à moitié...
tandis que le chat,
au logis, s'en retournait...
Etait-il déjà
l'heure de rentrer ?...
Merci de votre visite,
Je vous embrasse !
24 septembre 2009
Dans le cirque de Salazie
Je vous entraîne au cœur de mon île
dans la commune de Salazie
vers un village entouré de montagnes,
un village écrin pour des maisons bijoux...
En 1832 la découverte de sources thermales
au lieu-dit "Behamo"(grand arbre)
est à l'origine de la fondation d'un village
qui prend le nom de "Hell-Bourg" en l'honneur
du gouverner Louis de Hell
promoteur des sources.
Vingt ans plus tard, la station thermale
est devenu un lieu de villégiature
très prisé de la haute société créole.
En 1948, un fort cyclone provoque
l'affaissement d'un pan de falaise
qui ensevelit les sources,
le village perd alors sa renommé
mais garde jusqu'à maintenant
un charme indéniable !
Mais suivez avec moi cette route à nulle autre pareille
qui se déroule à flan de montagne
entre des ravins profonds et des sommets
qui flirtent avec les nuages !
Notre infortuné poète, Eugène Dayot,
atteint de la lèpre à
"l'âge où mourir n'est rien
pour un baiser de femme"
(Le Mutilé)
allait en cure à Hell-Bourg,
il a chanté ses paysages
dans un magnifique poème
intitulé "Salazie"...

"... Et le frisson au cœur, le passant y mesure
L'espace, qui, sous lui, semble un gouffre de mort.
Là, comme un éternel musée
Qui s'ouvre aux yeux du voyageur,
La nature déroule, imposante et bronzée,
De sa création, la pompe et la grandeur !
Là, si ta veine émue est pleine encore de sève,
Si ton regard de nain peut voir et mesurer,
Si d'un sublime amour, ton cœur peut s'enivrer,
Contemple, admire et rêve..."
Puis lorsque le soleil revient...
Ici, vous allez sourire...
c'est le nom cocasse de ce passage
qu'on nommait autrefois
"l'arrosoir"

Une minuscule chute d'eau qui s'écrase
en pluie fine sur la chaussée !
Mais attention !
Par mauvais temps, elle prend de l'importance
et entraine quelques galets dans sa course !!
Nous voici à Salazie,
(du malgache "salaozy" bon campement...)
sa jolie église de Notre Dame de l'Assomption
et ses fameuses cascades
qui semblent venir tout droit du ciel
"Où l'on n'entend jamais que le long bruit des ondes
Qui tombent en cascades et grondent en accords !
Ne te semble-t-il pas dans ce chœur d'harmonies,
Ouïr les grandes voix d'invisibles génies ?"
"Le voile de la mariée"
Ne nous y attardons pas,
juste un coup d'œil sur son blason...
Le paille-en-queue symbolise la faune
et les araucarias les grandes forêts.
Sa devise :
"Au cœur de l'île rayonne !"
Jusqu'à 1870 Salazie-village est le terminus
de la route carrossable, en 1890 elle arrive à Hell-bourg.
Une petite pause, et nous reprenons la route...
Je vous souhaite un bon week-end !
22 septembre 2009
Le domaine des pierres...

Au lieu dit "La Savane"
s'élevait, il y a longtemps, un grand domaine...
Sur une des parcelles de ce beau domaine
fut construite, entre 1820 et 1830
la première usine sucrière
de la commune de Saint-Pierre.
En 1860, son nouveau propriétaire
lui donne le nom de Pierrefonds,
(terre de pierres)
sous lequel nous le connaissons !
Malgré sa façade si triste aujourd'hui,
il n'est pas difficile de croire que cette usine,
fermée définitivement au terme
de la campagne sucrière de 1970,
ait pu être à la veille de la seconde guerre,
un des fleurons
de l'architecture agro-industrielle insulaire.
Les cannes par milliers s'abattaient sous la hache ;
Des champs entiers tombaient, et, sur le sol roulés,
gisaient les blonds roseaux en tas amoncelés ;
Et l'on voyait au loin fumer la sucrerie,
et comme un long ruban de blanche chaperie,
l'odorante vapeur se perdait dans les airs,
et le vent en passant, l'emportait sur les mers,
et les marins, lassés de leurs courses lointaines,
de l'Inde ou de l'Europe arrivaient sur nos bords,
dans les brises flottantes sur leurs larges sabords,
respiraient enivrés le généreux arôme
du travail de la terre et du travail de l'homme.
Auguste Lacaussade (1815-1897)
poète réunionnais
;-)
Effectivement, le site comprenant l'usine, les bâtiments
et les ruines a été classé monument historique
le 22 octobre1998.
Merci d'avoir fait avec moi ces quelques pas
sur les ailes du temps !
Je vous embrasse
19 septembre 2009
Une grosse bouffée de "zénitude" !
Merci à tous de vos gentils messages,
que je passais cueillir comme
la mangue charnue
ou le letchis pourpré,
merci de ces petits moments sucrés !
Aujourd'hui ça va mieux,
et même si le mot "chômage"
me panique toujours,
je me dis qu'il y a de pires maux.
Ce matin je suis allée,
avec une amie bouddhiste
saluer les moines tibétains
qui sont de retour dans l'île.
J'ai assisté à la prière
et participé à la cérémonie de purification.
Moments intenses durant lesquels j'ai pensé
à mes proches, bien sûr, mais aussi à mes amis blogueurs
particulièrement à Françoise et à Claude.
Le mandala de Tara Verte.
Tara Verte est le bodhisattva féminin de la compassion.
Elle est représentée assise, la jambe déployée,
prête à se lever pour aider autrui.
Elle tient dans ses mains des fleurs de lotus.
Sa couleur verte est symbole d'espoir.
Toujours pacifique, elle apporte protection
et réconfort contre tous les dangers,
réels ou spirituels.
Je suis toujours admirative devant la patience
et la précision que demande l'édification du mandala de sable !
Le mandala est une offrande,
ses sables guérisseurs
seront éparpillés dans l'océan
et ainsi voyageront dans le monde entier
pour y apporter la paix et l'harmonie.
"Il n'existe pas de lieu sacré
ou de personne sacrée
mais seulement des instants sacrés,
des instants de sagesse."
Gautama Bouddha












































































































